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SouriFest – L’auto-souricière du peuple – 11 mai

Samedi 11 mai 2013, Montréal.

Arrestations arbitraires? Détentions abusives? Pourquoi déranger la police quand on peut le faire soi-même?

Temps gris sur Montréal… gris souris. Temps de circonstance, donc. Et moral au beau fixe! À 14 h, les Souris Fières ont convoqué à la place des Festivals quiconque brûle de se faire prendre en souricière, matraquer, asperger de poivre de Cayenne irritant.

Un instant! Les souricières, c’est sacrément sérieux. Est-ce qu’on ne devrait pas laisser faire les professionnels? Bof!… Depuis le temps, la recette est bien connue. Cela fait plusieurs mois que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) l’applique consciencieusement, toujours la même, avec une rigueur méthodologique et une persévérance qui forcent l’admiration : 1) encercler les manifestants; 2) refermer sur eux le cordon policier; 3) les arrêter en nombre. Ceux et celles qui restent en dehors du périmètre ont perdu. Les autres gagnent : a) le privilège de rester debout sans eau, sans nourriture et sans accès aux toilettes pendant plusieurs heures; b) une prestigieuse virée en autobus de la Société de transport de Montréal (STM) jusqu’au poste de police; et c) pour les plus veinards, une amende (généralement dans les 637 $). Ça marche à tous les coups, et même de mieux en mieux. Admirons plutôt l’éblouissant tableau de chasse du SPVM : 15 mars 2013, 240 arrestations en souricière; 22 mars, 150; 5 avril, 280; 1er mai, 445.

Pourquoi se priver d’un tel plaisir? L’auto-souricière du peuple des Souris Fières, c’est un pied de nez festif et solidaire au règlement municipal P-6, qui contraint les manifestants à fournir leur itinéraire à la police et interdit de manifester le visage masqué. Mais c’est surtout l’occasion de rire un bon coup, de reprendre des forces au sortir du long hiver, et de faire le plein de bonne humeur en prévision de ce qui va venir.

Accueillis par des artistes de cirque, les participants de l’auto-souricière du peuple se répartissent en deux équipes. D’un côté, les « chats », habilement déguisés en policiers munis d’un nez rouge de clown; de l’autre, les « souris », habillées en manifestants, en indignés, en révoltés, en pandas, en ours, en licornes, en gentes dames du Moyen-Âge – en n’importe quoi, finalement. Les chats doivent avoir l’air féroce, distribuer des coups pour rien et aboyer des ordres contradictoires, arbitraires et/ou ridicules. Coincées dans un périmètre restreint, les souris regimbent, protestent, piaillent et renâclent.

Entre deux coups de matraque, un grand fou rire. Entre deux fous rires, une farandole. En deux farandoles, un chouette discours…

Sur la grise place des Festivals, sous un ciel gris, la SouriFest éclate comme un bouquet de joie, de couleurs, d’humour absurde et de câlins sans entraves.

Et les « professionnels de la profession » dans tout ça? Autour des souris hilares, les vrais matous du SPVM zieutent la scène adossés à leurs voitures de patrouille. Tranquilles. Pas souriants, mais pas inquiets pour deux sous. Les chats de la SouriFest? Peuh! Même pas de vrai poivre de Cayenne, même pas de matraque qui fait mal… même pas l’air méchant. Des amateurs, quoi!

Au bout d’une heure, les vrais matous du SPVM rebroussent chemin. Côté répression, c’est pas demain la veille que ces chats de gouttière rigolards leur en remontreront. C’est pas demain la veille qu’ils les évinceront de leurs ruelles.

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