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  • Statue devant le Cégep de Valleyfield, le visage caché et les mains liées.
  • Carré rouges et carrés verts débattent devant les portes du Cégep de Valleyfield.
  • Carré rouges et carrés verts débattent devant les portes du Cégep de Valleyfield.
  • Carré rouges ( ici Gabriel Nadeau-Dubois ) et carrés verts débattent devant les portes du Cégep de Valleyfield.
  • Carrés rouges et carré verts ( identifiés comme SCABS ) défilent autour du Cégep de Valleyfield.

Piquetage contre mot d’ordre ministériel et injonctions judiciaires -12 avril

Jeudi 12 avril 2012, Valleyfield.

Hier, la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a ordonné la reprise des cours. En dépit des mandats de grève obtenus démocratiquement par les associations étudiantes, la direction du cégep* de Valleyfield répond favorablement à son mot d’ordre.

Dès 6 h 30, en ce petit matin frisquet, plus de 500 étudiants grévistes de Valleyfield et d’autres régions du Québec se massent donc devant les portes du cégep pour en bloquer l’accès.

Ce piquet de grève revêt un caractère doublement symbolique : d’une part, c’est au cégep de Valleyfield que la CLASSE** a été constituée; d’autre part, cet établissement préuniversitaire est le premier qui tente de forcer le retour en classe en passant outre aux votes de grève étudiants.

Vers 7 h 30, quelques carrés verts*** se présentent au cégep pour assister aux cours. La discussion s’engage avec les carrés rouges****, parfois calme, parfois plus houleuse…

À 8 h, déclarant vouloir éviter les confrontations, la direction du cégep annule les cours pour la journée.

À deux égards au moins, le conflit étudiant franchit une nouvelle étape. Premièrement, le mot d’ordre ministériel de la veille a déclenché la première tentative (avortée) de reprise forcée des cours. Deuxièmement, les injonctions se multiplient : des étudiants opposés à la grève s’adressent aux tribunaux, à titre individuel, pour réclamer la tenue des cours. Invoquant le « droit à l’éducation », ils obtiennent généralement gain de cause auprès des juges, qui ordonnent la reprise de la session universitaire malgré les votes de grève. Sous peine d’être accusés d’outrage au tribunal, les enseignants se trouvent contraints de franchir les piquets de grève étudiants pour donner leurs cours devant des salles quasi désertes – seuls quelques carrés verts s’y présentent…

* Collège d’enseignement général et professionnel : établissement postsecondaire dispensant des formations techniques ou préuniversitaires. Les cégeps ont participé activement aux manifestations étudiantes.

** L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) est une organisation de type syndical regroupant plus de 40 000 membres de différentes associations étudiantes des cégeps (établissements postsecondaires techniques ou préuniversitaires) et universités de tout le Québec. La CLASSE (Coalition large de l’ASSÉ) était une coalition temporaire mise sur pied en décembre 2011 pour combattre la hausse des frais de scolarité et coordonner les actions de grève de l’hiver 2012. Dissoute comme prévu à la fin de son mandat, la CLASSE permettait d’ouvrir les structures de l’ASSÉ à des associations étudiantes non-membres afin d’élargir le mouvement.

*** Les étudiants opposés au mouvement de grève des carrés rouges

**** L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.