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Cégep de Rosemont : pluie d’injonctions et de coups de matraque – 14 mai

Lundi 14 mai 2012, Montréal.

Les étudiants contre la grève sont de plus en plus nombreux à demander aux tribunaux des injonctions qui obligent les établissements à offrir les cours en dépit de la grève.

En ce 14 mai 2012, le cégep*1 de Rosemont fait ainsi l’objet de sept injonctions. Au lieu de les prendre en considération au cas par cas (puisqu’elles sont accordées à titre individuel aux demandeurs), la direction de l’établissement décrète la reprise des cours pour tous. Les étudiants du cégep se sont pourtant prononcés majoritairement pour la grève illimitée.

Dès l’aube, plusieurs centaines de « carrés rouges*2 » commencent à se masser devant les entrées de l’établissement pour en bloquer l’accès. Ils entendent ainsi faire respecter les mandats de grève des associations étudiantes, mais aussi dénoncer le recours aux injonctions et, d’une manière plus générale, la judiciarisation du conflit. Des sympathisants non étudiants se joignent à eux : Anarchopanda*3, le Rabbit Crew*4, le chroniqueur Jean Barbe, crinière immaculée au vent, mais aussi de nombreux professeurs contre la hausse.

Vers 7 h 30, alors que les manifestants bloquent pacifiquement l’entrée du cégep, les policiers donnent la charge, dégainent leurs bonbonnes de poivre de Cayenne irritant et en aspergent les carrés rouges. Les coups de matraque se mettent à pleuvoir. Frappé à la tête, un étudiant doit être évacué en ambulance.

« Il y avait un attroupement d’étudiants devant la porte, très calmes, immobiles, sans aucune agressivité, et tout à coup, sans aucune raison apparente, les policiers ont chargé, matraques en l’air, souligne Richard Landry, président du Syndicat des professeurs du Collège de Rosemont. […] c’était très, très violent. […] On ne comprend toujours pas pourquoi les policiers de l’administration ont frappé sur nos étudiants, c’est inacceptable*5. »

Des manifestants partent en cortège vers le nord. L’anti-émeute les attend de pied ferme aux abords de l’autoroute Métropolitaine. Les manifestants regagnent le cégep.

À 10 h, la direction de l’établissement annonce la suspension des cours.

D’autres collèges connaissent des situations similaires ce jour-là, notamment le cégep Édouard-Montpetit de Longueuil (en banlieue de Montréal, sur la rive Sud du fleuve Saint-Laurent) et le cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse (sur la rive Nord).

Dans un point de presse organisé dans l’après-midi, la ministre de l’Éducation et vice-Première ministre du Québec, Line Beauchamp, annonce sa démission en soulignant qu’elle n’a pas réussi à « régler un conflit important ». Elle assure qu’elle ne recule pas devant « la violence et l’intimidation » ni devant « le vandalisme [...] et la désobéissance civile »*6. La présidente du Conseil du trésor, Michèle Courchesne, lui succède au ministère de l’Éducation.

*1 Collège d’enseignement général et professionnel : établissement postsecondaire offrant des formations techniques ou préuniversitaires. Les cégeps ont participé activement aux manifestations étudiantes.

*2 L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.

*3 L’une des principales mascottes animalières du mouvement étudiant. Vêtu comme il se doit d’un costume de panda, Anarchopanda s’est d’abord rendu célèbre en serrant dans ses bras les policiers déployés dans les manifestations étudiantes, parfois sous les encouragements enthousiastes de la foule : « Un câlin! Un câlin! » Déconcertés, peut-être émus, les policiers avaient généralement beaucoup de mal à sévir contre cet assaut d’affection…

*4 Les « Lapins contre la hausse (et contre Pâques) » : avec Anarchopanda et Banane Rebelle, les membres du Rabbit Crew comptent parmi les mascottes spontanées les plus appréciées du mouvement étudiant. Portant des masques de lapins, ils déploient des actions politico-sarcastiques délirantes telles que : fausses vidéos d’enlèvement avec demandes absurdes de rançons, jeux de cache-cache et danses sautillantes devant les forces de l’ordre, etc.

*5 Propos rapportés dans http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/14/cegep-rosemont-manif_n_1514237.html

*6 Propos rapportés dans http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/05/14/001-beauchamp-demission-etudiants.shtml