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Ostie de grosse manif de soir contre la hausse éternelle – 5 mars

5 mars 2013, Montréal.

« L’indexation, c’est le gel », affirmait la Première ministre Pauline Marois la semaine précédente. « L’indexation, c’est la hausse éternelle », répliquent les étudiants déçus que la voie de la gratuité scolaire n’ait même pas été discutée lors du Sommet sur l’enseignement supérieur.

L’appel à manifester le 5 mars 2013 est lancé sur Facebook, sans revendication d’un groupe en particulier – sans organisateur officiel, donc. Plusieurs milliers de manifestants se rassemblent vers 20 h au parc Émilie-Gamelin, déjà cerné par les forces policières.

La manifestation est d’emblée déclarée illégale sous le motif que les organisateurs n’ont pas annoncé leur trajet à la police avant le départ, ainsi que les y oblige un règlement municipal. Le fait qu’il n’y ait pas d’instance organisatrice ne semble pas troubler le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Les méthodes de contention des foules contestataires accusent de toute évidence un brin de retard par rapport à leurs stratégies de mobilisation…

Vers 20 h 45, les manifestants prennent le départ. Direction : le centre-ville. Quelques feux d’artifice éclatent dans le ciel noir, à la plus grande joie des marcheurs. D’abord discrète, la police intensifie sa présence au fil du parcours. La cavalerie et le groupe d’intervention anti-émeute du SPVM, muni de ses très sonores boucliers, sont évidemment de la partie.

Près du Palais des Congrès, à l’intersection des rues Saint-Urbain et de la Gauchetière, l’anti-émeute charge en déployant ses propres feux d’artifice : « son et lumière » de bombes assourdissantes et de gaz lacrymogènes…

La foule éclate en petits groupes. Jusqu’ici pacifique, la marche tourne à l’affrontement. Des projectiles sont lancés en direction des policiers – essentiellement des tomates et des boules de neige, quelques bouteilles vides. Des vitrines volent en éclats, quelques graffitis fleurissent sur des murs. L’ordre de dispersion est donné peu après 22 h.

La chasse au manifestant est dès lors ouverte. À pied, à vélo, à cheval, en voiture… les forces policières pourchassent les petits groupes dans les coins et recoins du centre-ville. Des manifestants convergent au parc Émilie-Gamelin. Où ils sont dispersés. Où ils se rassemblent de nouveau. Où ils sont de nouveau dispersés…

Bilan : quelques vitres fracassées au centre-ville; une dizaine d’arrestations « individuelles »; une soixantaine d’autres en souricière à l’intersection des rues Sainte-Catherine et Beaudry (arrestation de masse); trois blessés légers.

Mais surtout, une tension croissante entre manifestants, policiers, et commerçants du centre-ville.

Et ce lancinant constat, sans cesse renouvelé et constamment relégué aux oubliettes, que les temps ont peut-être changé… que les manifestations peuvent maintenant « s’organiser » sans organisateurs, sans parcours; que les tours de passe-passe rhétoriques n’abolissent pas la nécessité d’un véritable dialogue sur les enjeux de fond; que les gaz lacrymogènes peuvent déployer chaque soir leurs écrans de fumée sans que la contestation se perde dans les brumes; que les bombes assourdissantes, bien commodes pour qui veut continuer de faire la sourde oreille, n’en restent pas moins impuissantes à réduire au silence les espoirs de changement et les revendications.