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Sommet sur l’enseignement supérieur, jour 1 – 25 février

Lundi 25 février 2013, Montréal.

Aujourd’hui s’amorce sous haute surveillance policière le Sommet sur l’enseignement supérieur qui se tiendra sur deux jours à… l’Arsenal (!), un complexe d’art contemporain établi dans un bâtiment d’un ancien chantier naval du quartier montréalais de Griffintown.

Retour sur les origines

Le 14 avril 2012, la contestation étudiante soulevée par le projet de hausse des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest bat son plein : manifestations quotidiennes des carrés rouges, vite rejoints par une population plus large à la faveur du ras-le-bol suscité par le paternalisme gouvernemental et la brutalité de la répression policière. Le grand quotidien québécois Le Devoir publie un texte collectif intitulé Appel au dialogue : « [Le] gouvernement impose aux étudiants une hausse de 75 % des droits de scolarité sur cinq ans. […] À terme [en 2017], les droits de scolarité auront donc augmenté de 127 % depuis 2007 et atteindront 3 793 $ pour un étudiant à plein temps.

À cette hausse excessive, on doit ajouter l’explosion depuis 20 ans des frais institutionnels obligatoires (les frais afférents) facturés par les universités […].

Sachant que seulement 39 % des étudiants ont droit aux prêts et bourses, l’accessibilité aux études supérieures risque d’être sérieusement menacée. On comprend pourquoi le 22 mars, jour de la grande manifestation de Montréal, 300 000 étudiants étaient en grève et 200 000 dans la rue. […]

Qui, à leur place, accepterait de payer une hausse de 127 % en 10 ans? […].

Nous demandons au gouvernement de renoncer à la hausse de 75 % des droits de scolarité et d’ouvrir un véritable dialogue avec les étudiants et tous les acteurs concernés. Nous proposons la tenue dans les plus brefs délais d’un vrai sommet sur les finalités et le financement de l’enseignement supérieur, qui se fera dans un esprit de collaboration et d’ouverture.

Parmi les signataires de cet Appel au dialogue figure Pauline Marois, alors députée et chef de l’opposition officielle.

Le 4 septembre 2012, les urnes consacrent l’élection du Parti québécois : Pauline Marois devient Première ministre du Québec. La tenue du Sommet de l’enseignement supérieur est annoncée dès l’automne. D’emblée, il suscite un certain scepticisme dans les rangs de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui revendique la gratuité scolaire. La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) se montrent plus réceptives.

Au fil des mois, il apparaît de plus en plus clairement que le gouvernement n’entend pas aborder la question de la gratuité scolaire. Même le maintien du gel des frais de scolarité ne semble plus à l’ordre du jour : le gouvernement péquiste préconise l’indexation. Dans un point de presse tenu en marge du Conseil national péquiste, la Première ministre Marois déclare : « Pour moi, « indexation » égale « gel ». Parce que « indexation » veut dire que, le coût de la vie augmentant d’une année à l’autre, si on gèle dans le sens de ne pas indexer, à ce moment-là on réduit les frais de scolarité. »

Le 14 février, l’ASSÉ annonce qu’elle boycottera le Sommet : puisqu’il n’est même pas question d’envisager sérieusement la gratuité, « nous ne légitimerons pas cette mascarade. » L’Association appelle par ailleurs à une manifestation à Montréal le deuxième jour du Sommet.

25 février 2013 : dedans

À l’Arsenal, le Sommet rassemble 350 personnes autour de la Première ministre, Pauline Marois, du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, et du député de Laval-des-Rapides et adjoint parlementaire à la Première ministre pour les dossiers jeunesse (et président de la FECQ pendant le printemps québécois 2012), Léo Bureau-Blouin. Les participants proviennent notamment des directions des établissements d’enseignement supérieur, des associations étudiantes, des partis politiques et de la société civile.

En un jour et demi, le Sommet se propose de dégager une vision commune de l’enseignement supérieur par l’analyse de quatre thèmes : la qualité de l’enseignement supérieur; l’accessibilité et la participation aux études supérieures; la gouvernance et le financement des universités; la contribution des établissements et de la recherche au développement de l’ensemble du Québec. Programme ambitieux sur le papier… mais dans les faits, tous les yeux sont rivés sur le sort qui sera réservé à l’épineuse question des frais de scolarité.

25 février 2013 : dehors

Vers 16 h 30, quelques centaines de personnes commencent à se masser place Cabot, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Atwater. À peine le rassemblement constitué, et avant même que les manifestants ne commencent à marcher, le Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) déclare l’attroupement illégal sous le motif que les participants n’ont pas soumis leur itinéraire à la police, ainsi que les y oblige désormais un règlement municipal de la Ville de Montréal.

Escortés par l’escouade anti-émeute, les manifestants commencent à marcher vers l’Arsenal. D’autres viennent grossir leurs rangs en cours de route. Au total, un millier de personnes se dirigent ainsi vers le Sommet sur l’enseignement supérieur.

Arrivés devant l’Arsenal, les marcheurs sont accueillis par un déploiement saisissant de différents corps de police : des dizaines et des dizaines de policiers du SPVM, membres de l’anti-émeute, agents de la Sûreté du Québec (SQ)… Même la cavalerie monte la garde devant le précieux Sommet! Des clôtures métalliques ont été érigées autour du centre d’art contemporain.

Les deux camps se font face une demi-heure environ. Les manifestants chantent et crient des slogans. Vers 17 h 45, ils repartent vers le nord et vers l’est par les rues Notre-Dame et Sainte-Catherine, grande artère commerçante du centre-ville. En cours de route, quelques projectiles improvisés sont lancés en direction des policiers qui encadrent le cortège. Dans le secteur Place des Arts, la police charge et lance des grenades assourdissantes. Moins de deux heures après le départ de la marche, le SPVM et la SQ dispersent les manifestants. On relève deux arrestations.