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Satire rouge du vendredi gras : contrebasse contre la hausse – 11 mai

Vendredi 11 mai 2012, Montréal.

Hier, à l’heure de pointe matinale, des engins fumigènes ont explosé à brefs intervalles dans plusieurs stations du métro montréalais. La fumée a été vite dissipée. Le réseau est toutefois resté paralysé plusieurs heures… Le temps de mener l’enquête? Peut-être… Ou, peut-être, le temps d’attiser l’exaspération des usagers du métro et de braquer la population contre le mouvement étudiant. La police évoque « avec précaution » la piste des carrés rouges*… Des chroniqueurs (on hésite à écrire « journalistes ») et des passants interrogés par des médias catastrophistes ne s’embarrassent pas de scrupules oiseux et plongent tête première dans l’amalgame. Très vite, des médias diffusent les photos de quatre suspects. Ils se rendent à la police le lendemain et sont accusés d’« incitation à craindre des activités terroristes ». Dans leurs perquisitions, les policiers ne trouvent aucun indice d’une quelconque participation au mouvement étudiant, ni même d’une simple sympathie à l’égard des carrés rouges…

Loin des fumigènes et de l’hystérie médiatique, les « manifs » poursuivent leur petit bonhomme de chemin. En ce début de soirée du vendredi 11 mai, c’est la fête! Sous le thème du rouge et de la parade louisianaise, musiciens et autres joyeux drilles se donnent rendez-vous à 17 h au parc Émilie-Gamelin. Déguisements! Chapeaux extravagants! Paillettes et cotillons! Les musiciens ont apporté leurs instruments : qui son sax; qui sa trompette et… oui, même une contrebasse! Les autres dansent, chantent, tapent des mains.

La fanfare se constitue dans l’allégresse et la spontanéité… Cap sur le Vieux-Montréal! Place Jacques-Cartier, les fêtards offrent leur tonitruante sérénade aux touristes et badauds attablés aux terrasses. Le sourire aux lèvres, certains croient à une animation organisée par la Ville : « Quelle belle surprise! Et dire que l’évènement n’était même pas annoncé dans nos guides!… »

Laissant les touristes à leur ébahissement ravi, la troupe étincelante reprend la route. Même le soleil la suit… et même un dragon! La police elle-même ne peut s’empêcher d’entrer dans la danse, discrètement bien sûr – en fermant le cortège dans ses rutilants véhicules.

Les rouges lurons et luronnes remontent le boulevard Saint-Laurent et traversent le Quartier chinois en chantant : Libérez-nous des Libéraux et Hit the Road, Charest! À la Place des Arts, ils et elles envahissent l’escalier de l’Esplanade pour se lancer à cœur joie dans une impro débridée.

Il y a eu des moments durs depuis le début de la grève; des moments tragiques, aussi. Et cette nuit, les courbatures feront peut-être grincer des dents notre valeureux contrebassiste et ses amis musiciens… Mais ce soir, les corps et les cœurs sont à la fête!

* L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.

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