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Salon des ressources naturelles : l’art d’accommoder les restes – 8 février 2013

Vendredi 8 février 2013, Montréal.

Peu après midi, 200 manifestants bravent le froid polaire et la neige qui tourbillonne en poudrerie pour se masser autour du Palais des Congrès. Le Salon des ressources naturelles qui se tient dans ce vaste édifice n’est pour eux qu’un « Salon du Plan Nord [version] 2.0 », une redite à l’appellation plus bucolique de l’événement organisé en avril 2012 par le gouvernement Libéral de Jean Charest (défait en septembre 2012 par le Parti Québécois de Pauline Marois)*.

Placée sous haute surveillance policière, la manifestation entend dénoncer ce qu’elle appelle le « Plan Mort » : pillage économique du Nord québécois; saccage écologique des ressources boréales (mines à ciel ouvert, coupes à blanc); mépris des droits et revendications autochtones. Lancé sur Facebook, l’appel à manifester condamne « ce développement du nord [qui] nous menace en tant que parties du vivant » et plaide en faveur d’une solidarité « avec toutes les communautés en résistance au modèle de développement qui leur est imposé, au Nord comme au Sud, avec les peuples autochtones qui ont choisi de s’y opposer […]**. »

Dedans, une forte présence policière empêche les manifestants d’entrer dans le Palais des Congrès. L’entrée au Salon des ressources naturelles est gratuite, mais une preuve d’identité avec photo est exigée pour accéder aux locaux (une pratique de contrôle extrêmement rare au Québec).

Dehors, les manifestants tournent autour du Palais des Congrès en tapant dans ses hautes parois extérieures multicolores dès qu’ils peuvent s’en approcher. Des groupes anti-émeute les « accompagnent » dans leur parcours circulaire.

À peine les manifestants se sont-ils réunis que leur attroupement a été déclaré illégal sous le motif qu’ils n’ont pas fourni leur trajet d’avance aux forces policières. Néanmoins, la marche serait « tolérée » tant qu’elle resterait pacifique. À 13 h, des voitures de patrouille ont été endommagées; une vitrine a été cassée; quelques graffitis ont fleuri sur des voitures de police… À 13 h 10, les policiers ordonnent la dispersion de la foule. Ils repoussent les manifestants, qui s’éloignent un peu, puis reviennent, se font repousser un peu plus loin, se dispersent, puis reviennent…

Bien qu’une seule arrestation soit signalée (un homme qui tentait de s’immiscer dans le Palais des Congrès sans avoir montré patte blanche), l’ambiance n’est pas à la franche camaraderie entre les manifestants et les policiers – et il n’est certes jamais agréable de glisser sur une plaque de glace pour se retrouver cerné par l’anti-émeute…

* On se rappellera que le Premier ministre Jean Charest avait alors soulevé la fureur de la population en ironisant sur le mécontentement étudiant et populaire qui s’exprimait à l’extérieur de ce même Palais des Congrès. Voir la galerie : « Salon du Plan Nord : la police dérape, le PM perd la boussole – 20 avril 2012 », http://printempsquebecois.com/manifestation-contre-salon-plan-nord/

** https://www.facebook.com/events/124816917688020/