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MaNUfestation, prise 3 : « À qui la rue? Aux tout-nus! » – 7 juin

Jeudi 7 juin 2012, Montréal.

La ville est en ébullition! Au menu : casseroles, Francofolies et Grand Prix de Formule 1.

En après-midi, la tentative de perturbation du cocktail d’ouverture du Grand Prix n’a pas fonctionné aussi rondement que prévu. Qu’à cela ne tienne! Les rondeurs de la chair et la peau sauront attirer l’œil avide des médias et susciter l’intérêt des touristes envers une attraction autrement plus spectaculaire que le vroum-vroum : la troisième maNUfestation!

Pendant que les coureurs automobiles affûtent leurs casques, bottes et vestes de cuir, les marcheurs se dépouillent de leurs jeans, chemises et robes. Dans leur plus simple appareil, ils entendent protester contre l’indécence d’un gouvernement qui défend à grands cris un divertissement polluant, bruyant et machiste de millionnaires – et oppose une sourde oreille obstinée aux revendications de la population. La contestation des carrés rouges1 dure depuis plus de quatre mois!

Vers 19 h 30, plusieurs centaines de manifestants se rassemblent à la place du Canada. Plus nombreux et plus dénudés qu’aux deux maNUfestations précédentes, ils se mettent en marche. À peine ont-ils parcouru quelques mètres qu’ils sont arrêtés dans leur élan par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Changement de cap. Autre coup d’arrêt des forces policières. Les maNUfestants continuent d’errer au petit bonheur dans le centre-ville sous haute surveillance de la police… et sous les regards enchantés des touristes qui n’en demandaient pas tant. Des centaines de gens nus qui crient et qui rigolent, ça laisse quand même des souvenirs beaucoup plus impérissables que le Stade olympique ou la statue de la reine Victoria!

Le soleil se couche. Des feux d’artifice pétaradent : pyrotechnie festive ou gaz lacrymogènes? Un peu des deux, en vrac et dans le désordre. La traditionnelle manifestation nocturne s’élance de la place Émilie-Gamelin et se mêle à la maNUf : foule bigarrée, hétéroclite : des habillés, des moitié dévêtus, des franchement nus, des masqués fesses à l’air, des tapeurs de casseroles…

Les manifestants réussissent à se rendre jusqu’à la place des Arts, où les Francofolies battent leur plein. Policiers de l’anti-émeute et maNUfestants se toisent. De l’autre côté du cordon de police, les festivaliers encouragent les manifestants à les rejoindre… Les tout-nus finissent par percer le mur d’uniformes et investissent l’espace des « Francos ». Certains se baignent en tenue d’Ève ou d’Adam dans les fontaines de la place des Arts; d’autres poursuivent leur route jusqu’à la rue Crescent, où se pavanent aficionados du Grand Prix, rutilantes Ferrari et bling-bling insolent.

Des trois maNufestations, celle-ci aura été la plus… courue. Pour une action de perturbation du Grand Prix de Formule 1, cela s’imposait!


1 L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.

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