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MaNUfestation, prise 2 : carrés rouges, culot, culottes – 16 mai

Mercredi 16 mai 2012, Montréal.

Sous d’autres latitudes et en d’autres temps, une certaine Révolution fut l’œuvre des « sans-culottes ». À Montréal en 2012, slips et caleçons deviennent au contraire les flamboyantes oriflammes de la contestation…

La maNUfestation du 3 mai avait réinsufflé un peu d’insouciance bon enfant dans les manifs, apaisé les tensions entre la police et les carrés rouges1, et suscité la sympathie amusée de la population montréalaise.

Organisée sur le thème « En sous-vêtements pour un gouvernement transparent. ROUND 2 », cette deuxième édition de la contestation dans le plus simple appareil entend également dénoncer l’opacité gouvernementale sur un ton ludique.

Un millier de manifestants se retrouvent à 19 h au parc Émilie-Gamelin pour musarder dans les rues du centre-ville. Les face à face entre l’anti-émeute et ces carrés rouges qui ne manquent pas de culot (ni de culottes!) ont quelque chose de surréaliste. D’un côté, des costauds sanglés dans leurs gilets pare-balles, engoncés dans leurs boucliers, casqués – mais le sourire goguenard aux lèvres. De l’autre, des jeunes en sous-vêtements qui marchent, rient, chantent, scandent des slogans. Et même sous l’uniforme le plus strict, comment résister à l’insaisissable et absurde charme des Lapins contre la hausse2 dûment munis de leurs oreilles… mais vêtus d’un simple caleçon? Les badauds sont conquis; il n’est plus question de matraque.

Les maNUfestants baguenaudent ainsi jusqu’à ce que la manifestation nocturne prenne le relais, peu après 20 h 30. Les deux cortèges fusionnent et, bras dessus bras dessous, dénudés et vêtus continuent d’arpenter les rues pendant plusieurs heures.

Mais sous des dehors bucoliques, l’inquiétude gronde. L’information concernant le projet de loi 78 se propage à la vitesse de l’éclair, et les rumeurs n’annoncent rien de bon. L’incrédulité et la grogne s’intensifient au fil des heures.

Le projet de loi 78 sera déposé le lendemain, infligeant une véritable déculottée aux libertés civiles.

1 L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.

2 Avec Anarchopanda et Banane Rebelle, les membres du Rabbit Crew [« Les Lapins contre la hausse (et contre Pâques)] comptent parmi les mascottes spontanées les plus appréciées du mouvement étudiant. Portant des masques de lapins, ils déploient des actions politico-sarcastiques délirantes telles que : fausses vidéos d’enlèvement avec demandes absurdes de rançons, jeux de cache-cache et danses sautillantes devant les forces de l’ordre, etc.