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  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici dans le parc Émilie-Gamelin.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici dans le parc Émilie-Gamelin.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici dans le parc Émilie-Gamelin.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici sur la rue Berri.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici sur la rue Berri.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal. Ici sur la rue Berri.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal.
  • Manifestation nocturne dans le centre-ville de Montréal.
  • Drapeau rouge porté bien haut par un manifestant.
  • Les manifestants, dont un portant un masque de Guy Fawkes, marchent sur la rue René-Lévesque, à Montréal.

La Grande Noirceur : une manif de nuit pour des lendemains plus radieux – 17 avril

Mardi 17 avril 2012, Montréal.

Vers 20 h 30, entre 3 000 et 5 000 personnes se rassemblent au parc Émilie-Gamelin pour une manifestation nocturne sur le thème de la Grande Noirceur.

« Grande Noirceur » parce que les manifestants marcheront à la nuit tombée, bien sûr. Mais aussi, et surtout, par référence à ces 15 années si particulières de l’histoire québécoise comprises entre 1945 et 1960. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, comme partout en Occident, le Québec est parcouru de phénomènes sociaux qui redessinent son rapport au monde : boum économique, urbanisation, avènement de la télévision, revendications ouvrières, émergence d’une classe moyenne. Premier ministre du Québec de 1936 à 1939, Maurice Duplessis a été réélu en 1944. Très proche du clergé et des valeurs conservatrices, il endigue d’une main de fer l’effervescence naissante qui menace de jeter bas les piliers de la société « d’avant » : Église, traditions, déférence envers le « Chef ». À sa mort, en 1959, les forces progressistes qui bouillonnaient sous la chape de plomb éclosent : c’est la Révolution tranquille. Le Québec entre de plain-pied dans la modernité

Dans l’imaginaire québécois, même si tout le monde sait que les (r)évolutions historiques s’accommodent mal de dates précises et que l’Histoire ne s’écrit pas en noir et blanc, la Grande Noirceur duplessiste reste un temps funeste d’obscurantisme répressif, de sclérose et de bigoterie.

Toutes proportions gardées, il était bien tentant d’établir un parallèle entre l’intransigeance hautaine du Premier ministre Jean Charest (cuvée 2003-2012) et ces années sombres de l’histoire québécoise. Bien tentant, aussi, de se rappeler que le duplessisme n’avait pas réussi à endiguer le flot du progrès…

C’est donc sous les auspices conjoints des astres et de l’Histoire que s’ébranle la manifestation nocturne « La Grande Noirceur ». Les manifestants ont été invités à s’y présenter avec des lanternes, chandelles, lampes de poche, accessoires fluorescents – des symboles de joie, d’éveil; des armes à repousser les ténèbres.

La Grande Noirceur a été pensée pour permettre aux étudiants des associations qui ne sont pas en grève ainsi qu’aux travailleurs de jour de se joindre au mouvement de contestation. Bientôt, l’habitude sera prise : des « manifs de soir » quotidiennes déferleront jusqu’à la fin du conflit étudiant dans les rues de Montréal, souvent marquées par des affrontements avec la police.

Mais le soir de la Grande Noirceur, rien à signaler : défilé de lanternes et de chandelles dans les rues montréalaises. Les policiers du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) observent sans intervenir. La manifestation se termine vers 23 h 30 sans incident.

Près de 170 000 étudiants de 183 associations étudiantes sont encore en grève au Québec, certains depuis la mi-février.