À propos
Vous êtes ici:   Accueil  /  Chronologie  /  Marche ou crève : Mourir pour de faux, lutter pour de vrai – 19 avril
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.
  • Printemps québécois / érable : Manifestation ( Die-In ) Marche ou crève.

Marche ou crève : Mourir pour de faux, lutter pour de vrai – 19 avril

Jeudi 19 avril 2012, Montréal.

Rendez-vous est pris au parc Émilie-Gamelin à 13 h pour une « manif conceptuelle » sur le thème… Marche ou crève!

On marche, donc. Mais en certains endroits stratégiques de la ville, au son d’une cloche, les manifestants s’effondrent soudain, comme terrassés. Sont-ils morts? Pendant quelques minutes, pour de faux, oui : ils crèvent. Puis, au son de la cloche, se relèvent. Et recommencent à marcher – d’un pas vif, ragaillardis, poussant des cris résolus, applaudissant très fort. Sous les yeux effarés des automobilistes et des passants : quelques centaines de personnes qui marchent et s’effondrent d’un coup, ça frappe l’imaginaire…

Marche : Je prends la parole, revendique, me bats pour ce que je crois juste.

Crève : Sous l’étouffoir du mutisme, de la répression et du mépris, je m’asphyxie, m’effondre, meurs.

Marche : Mais chaque fois, je renais de mes cendres, invincible, foule polymorphe coulant de source, s’immisçant dans les interstices d’asphalte, inendigable.

Ils crèvent ainsi à l’intersection des boulevards René-Lévesque et Saint-Laurent, devant les bureaux de Loto-Québec, sur le campus de l’Université McGill, devant le Centre des Sciences (tandis que l’exposition sur Star Wars bat son plein), devant la Place des Arts, devant la Tour CIBC (là où, le matin même, des manifestants ont été matraqués, aspergés de poivre de Cayenne irritant et placés en état d’arrestation).

Au fil de leurs morts et renaissances, ils croisent un groupe d’Autochtones qui manifestent devant l’immeuble d’Hydro-Québec. Partis le 1er avril de Maliotenam (près de Sept-Îles, sur la Côte-Nord), ces Innus, essentiellement des femmes, ont parcouru 1000 km à pied pour grossir les rangs d’une manifestation contre le Plan Nord qui se tiendra le 21 avril à Montréal et pour participer au Jour de la Terre, le 22. Stratégie de développement des ressources du Nord québécois, le Plan Nord du gouvernement Charest, disent les organisatrices de la marche, a été conçu sans consultation des Autochtones qui vivent dans ces régions, sans égard pour leurs revendications et leurs droits. Fille inattendue de la prise de parole et du hasard des parcours, la rencontre des carrés rouges* de « Marche ou crève » et des Innues contre le Plan Nord enchante les uns et les autres – même solidarité, même aversion envers le paternalisme gouvernemental, même élan : Marcher pour ne pas crever.

* L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.