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Fin de session : l’escalade après l’accalmie – 25 avril

Mercredi 25 avril 2012, Montréal.

Les sessions collégiales et universitaires d’hiver se terminent toujours à la fin avril, dans l’allégresse et les réjouissances de rigueur. Cette année, les cours auraient dû prendre fin le 25… Mais les esprits ne sont pas à la fête : les manifestations se multiplient depuis le mois de février; 170 000 étudiants et étudiantes sont encore en grève.

Le lundi 23 avril, des négociations se sont enfin engagées entre les associations étudiantes et la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp. Celle-ci a exigé une trêve pour la poursuite des discussions : pas de perturbations ni de violences pendant 48 heures. La FECQ (Fédération étudiante collégiale du Québec) et la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec) ont donné leur accord. Sans consentir officiellement à la trêve, la CLASSE* a souligné qu’elle n’avait prévu aucune action susceptible d’y contrevenir pendant la période convenue.

Dans son site Internet, la CLASSE propose un calendrier des actions de contestation étudiante, qu’elle en soit ou non l’instigatrice. Le mardi 24 avril, la Coalition annonce ainsi une « Ostie de grosse manif de soir », qui n’émane d’ailleurs pas des grands regroupements étudiants (FECQ, FEUQ, CLASSE). D’abord prévue le 24, l’action est ensuite reportée au mercredi 25 pour cause de trêve et de conditions climatiques. L’annonce est effacée du calendrier de la CLASSE à la date du 24 avril. Néanmoins, plusieurs manifestants, soit qu’ils n’aient pas été informés du report, soit qu’ils aient tenu à exprimer leur mécontentement malgré tout, se rassemblent comme convenu dans la soirée. Cette « manif de soir » tourne au (petit) grabuge : une vitre fracassée dans une banque du centre-ville; quelques arrestations.

Le lendemain, le mercredi 25 avril, alors que les manifestants réunis au parc Émilie-Gamelin en début d’après-midi à l’appel de la CLASSE s’apprêtent à défiler dans les rues montréalaises, la nouvelle tombe : la ministre de l’Éducation vient d’expulser la CLASSE des négociations. Le motif? « On ne peut pas dire qu’on se dissocie d’un événement et en faire la promotion en même temps sur son site Internet », explique la Ministre.

Par solidarité envers la CLASSE, la FECQ et la FEUQ quittent la table des négociations.

Les manifestants de la place Émilie-Gamelin n’en croient pas leurs oreilles. Pourquoi la ministre Line Beauchamp durcit-elle le ton au moment même où le dialogue semble vouloir s’établir entre les associations étudiantes et le gouvernement? Sabotage? Démonstration de force?

Pour la CLASSE, l’explication de cette intransigeance ministérielle est claire : le gouvernement cherche à isoler la Coalition et à briser l’unité du mouvement étudiant; il ne veut tout simplement pas discuter de la hausse des frais de scolarité et saisit tous les faux-fuyants imaginables pour éviter les négociations sur le sujet.

Ce mercredi 25 avril, dans l’après-midi, les manifestants marchent jusqu’aux bureaux de Jean Charest, à l’angle des rues McGill College et Sherbrooke. Leur colère et leur exaspération sont palpables. Dès l’arrivée de la manifestation à destination, les organisateurs de la CLASSE les invitent à se disperser dans le calme. Il faut à tout prix éviter de prêter le flanc aux accusations d’agitateurs que le gouvernement ne manquerait certainement pas de formuler à la moindre perturbation.

« À ce soir! » entend-on de toutes parts. Suralimentée à l’huile que la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, vient de jeter sur le feu, l’« Ostie de grosse manif de soir » portera bien son nom…

* L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) est une organisation de type syndical regroupant plus de 40 000 membres de différentes associations étudiantes des cégeps (établissements postsecondaires techniques ou préuniversitaires) et universités de tout le Québec. La CLASSE (Coalition large de l’ASSÉ) était une coalition temporaire mise sur pied en décembre 2011 pour combattre la hausse des frais de scolarité et coordonner les actions de grève de l’hiver 2012. Dissoute comme prévu à la fin de son mandat, la CLASSE permettait d’ouvrir les structures de l’ASSÉ à des associations étudiantes non-membres afin d’élargir le mouvement.