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Manif anticapitaliste : 357c = 637 x 447, la nouvelle arithmétique policière – 1er mai

Mercredi 1er mai 2013, Montréal.

Aux quatre coins du monde, le 1er mai marque la Fête internationale des travailleurs et travailleuses. Au Canada, le jour n’est pas férié. Travailleurs et travailleuses triment. Les manifestants aussi.

La Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) a appelé à sa manifestation annuelle sur le thème « Contre la grande noirceur, la colère noire ».

Un groupe de manifestants se rassemble à la place Jacques-Cartier à 18 h. Deux autres les rejoindront depuis le métro Lionel-Groulx, dans l’ouest de la ville, et depuis le métro Papineau, dans l’est.

Leur destination finale? Le chic Club 357c, rue de la Commune. Depuis le début des audiences de la Commission Charbonneau chargée de tirer au clair les allégations de corruption et de collusion qui planent avec insistance sur le monde politique et le secteur des affaires, ce club privé a été évoqué à plusieurs reprises : des tractations douteuses y auraient eu lieu…

À 17 h, la centaine de personnes réunies au métro Papineau fait cap vers la place Jacques-Cartier. La retenue des forces policières inquiète les manifestants : depuis plus d’un an, on a perdu l’habitude… Et si la police attendait que les trois groupes soient réunis pour les prendre en souricière?

À leur arrivée à la place Jacques-Cartier, devant l’Hôtel de Ville, plusieurs centaines de manifestants les attendent, ainsi qu’un fort contingent policier. Autour, touristes et promeneurs attablés aux terrasses en ce beau jour ensoleillé suivent la scène avec intérêt. Soleil, touristes bardés de caméras, promeneurs flanqués d’enfants : pas l’endroit idéal pour une souricière… Mais la police piaffe. Exhibant ses rutilants uniformes, elle distribue des coups aux manifestants, aspersion de poivre de Cayenne irritant en prime. Tant pis pour la réputation d’hospitalité et de joie de vivre de Montréal. Tant pis pour les touristes qui avaient demandé leurs pâtes pas trop épicées…

La tension monte… Au son d’une fanfare contestataire, la manifestation reprend sa progression vers l’ouest, vers le sélect Club 357c. Au coin de la place d’Youville et de la place Royale, les policiers n’y tiennent plus : ils encerclent la foule. Détalant à toutes jambes, certains manifestants arrivent à échapper à la trappe. Les autres se retrouvent prisonniers des murs de policiers qui se referment sur eux. Au total, 447 personnes sont ainsi immobilisées, mises à l’amende, arrêtées en vertu du règlement municipal P-6, dont l’article 2 stipule : « Les assemblées, défilés ou autres attroupements qui mettent en danger la paix, la sécurité ou l’ordre publics sont interdits sur les voies et places publiques, de même que dans les parcs ou autres endroits du domaine public. »

Les manifestants et manifestantes pris en souricière sont contraints de rester debout pendant plusieurs heures. Sans eau, sans nourriture, sans accès aux toilettes, ils sont menottés aux attaches autobloquantes de plastique qui jugulent la circulation sanguine et entaillent les poignets. Puis, les voici embarqués de force dans de fringants autobus de la Société de transport de Montréal (STM) : jamais cette instance de transport public n’aura fait autant honte à son mandat. Prise de panique, une femme se met à hurler dans un bus. Réaction compassionnelle des forces policières? L’anti-émeute intervient pour resserrer ses menottes!

Les arrêtées et arrêtés sont ensuite acheminés au poste de police. Ils seront libérés au début de la nuit. Des camarades les attendent à leur sortie pour leur offrir eau, réconfort et nourriture, et pour les ramener chez eux.

Le prix de cette soirée chic au poste de police? 637 $ d’amende par personne. Presque aussi cher qu’un cocktail mondain au sélect Club 357c, mais beaucoup plus brutal. À 447 « invités » de la rafle, on ne peut plus parler de club privé, mais bien d’agression publique.

Destination 357c = 637 $ d’amende x 447 arrestations de masse. C’est apparemment l’arithmétique « créative » qu’on enseigne à l’École de police…

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