À propos
Vous êtes ici:   Accueil  /  Chronologie  /  Une grande vague rouge à l’assaut de Montréal – 22 mars
  • Des manifestants crient victoire lors du discours de Gabriel Nadeau-Dubois, sur la Place Jacques-Cartier, à Montréal.
  • Des manifestants crient victoire lors du discours de Gabriel Nadeau-Dubois, sur la Place Jacques-Cartier, à Montréal.
  • Les manifestants se dispersent dans la joie après discours de Gabriel Nadeau-Dubois, sur la Place Jacques-Cartier, à Montréal.
  • Un couple à vélo semble ému par la beauté de la manifestation historique qui vient de se terminer, dans le Vieux-Port de Montréal.
  • Les manifestants se dispersent dans la joie après la manifestation historique, dans le Vieux-Port de Montréal.
  • Les manifestants sont émus et songeurs après la manifestaion historique, dans le Vieux-Montréal.
  • Les manifestants se dispersent dans la joie après la manifestation historique, dans le Vieux-Port de Montréal.
  • Une manifestante est assise, songeuse, alors qu'une pancarte en forme de flèche rouge où est inscrit « Attention négligé par Charest » la pointe.
  • Deux manifestantes de l'École de la Montage Rouge pousse un immense carré rouge sous le regard de policiers du SPVM à vélo, sur la Place Jacques-Cartier, à Montréal.
  • Des manifestants, dont un porte un masque d'Anonymous, sont assis sur le chemin de fer, dans le Vieux-Port de Montréal, après la manifestation historique.
  • Des centaines de pancartes sont plantées dans les pots à fleurs, sur la Place Jacques-Cartier. Un Beauchamp de pancartes!
  • Des centaines de pancartes sont plantées dans les pots à fleurs, sur la Place Jacques-Cartier. Un Beauchamp de pancartes!
  • Des pancartes sont plantées dans des bacs à fleurs surplombant les Champs de Mars, à Montréal.

Une grande vague rouge à l’assaut de Montréal – 22 mars

Jeudi 22 mars 2012, Montréal.

Une marée de 200 000 personnes submerge la ville au grand soleil. Réunis place du Canada, les manifestants s’engagent sur un long et sinueux parcours qui les mènera jusqu’au Vieux-Montréal, où de vibrants discours seront prononcés. Le cortège déborde du parcours prévu. De nombreux travailleurs ont fait l’usine ou le bureau buissonnier pour participer à la marche. Dans les tours du centre-ville, ceux qui n’ont pas pris la rue déploient de grands cartons rouges aux fenêtres; des tissus rouges flottent au vent. Des manifestants se suspendent aux lampadaires pour encourager les marcheurs.

Dans la foulée de la manifestation familiale du 18 mars, ce rassemblement populaire donne symboliquement le coup d’envoi du Printemps québécois en tant que mouvement social. De mémoire de « vieux routiers » de la contestation, jamais le Québec n’a connu un tel déferlement de protestataires…

Le gouvernement a souvent dénoncé le « corporatisme » des étudiants. Avec 200 000 personnes dans les rues, difficile de continuer d’affirmer que leurs revendications ne trouvent aucun écho dans la population, chez ceux et celles que le Premier ministre appellera jusqu’à satiété les « vraies » gens, « le vrai monde ».

C’est le 22 mars 2012 aussi que le nombre des étudiants en grève atteint son apogée : un peu plus de 300 000 grévistes sur un total de 400 000 étudiants.

Dans une ambiance joyeuse et rassembleuse, la manifestation exprime un gigantesque ras-le-bol. Mais surtout, elle laisse dans les mémoires le souvenir d’un immense élan de solidarité, d’enthousiasme et d’espoir. Elle enivre du sentiment d’être portés – enfin! – par un projet commun, un idéal qui pulvérise les murs étriqués de l’individualisme et de la consommation.

Température au beau fixe, 200 000 personnes dans les rues… et aucun accrochage, pas de dégâts, pas de casse, pas d’arrestation. Place Jacques-Cartier, les 200 000 carrés rouges* laissent dans leur sillage une belle moisson de pancartes plantées dans des pots. Un « beau champ de pancartes » tendu comme un bouquet, ou plutôt, comme une fin de non-recevoir sereine mais définitive à la ministre de l’Éducation… Line Beauchamp.

Ce méga-rassemblement fait des petits : tous les 22 du mois sera désormais organisée une grande marche de protestation populaire et solidaire.

* L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.