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Grande manifestation nationale : espoir à bâbord! – 22 mai

Mardi 22 mai 2012, Montréal.

Ce déferlement humain constitue-t-il la plus grande manifestation de l’histoire du Québec et du Canada? Laissons aux historiens et aux statisticiens le soin d’élucider la question. Une chose est sûre : cette gigantesque mobilisation s’impose comme le plus grand acte collectif de désobéissance civile jamais déployé sur ce territoire…

À 14 h, rassemblement à la place des Festivals sur le thème « 100 jours de grève, 100 jours de mépris gouvernemental ». Foule foisonnante, joyeuse, vivante, grouillante de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de tous âges, tous horizons, venus des quatre coins du Québec. La place des Festivals est bondée; la foule envahit les rues avoisinantes. (Après le départ du cortège, il faudra deux heures pour que les derniers manifestants quittent le point de ralliement initial!)

Vers 14 h 30, les manifestants commencent à remonter la rue Jeanne-Mance vers le nord, jusqu’à la rue Sherbrooke. L’itinéraire remis aux policiers par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et les syndicats annonçait un virage à droite… À droite? Vraiment?!? La CLASSE1 a déclaré d’emblée qu’elle ne respecterait pas l’itinéraire pour dénoncer la « loi matraque » (loi 12, dite « loi 78 ») adoptée quatre jours plus tôt. Et elle invitait évidemment les marcheurs à en faire autant.

Au coin de la rue Sherbrooke, entre 200 000 et 300 000 personnes désobéissent pacifiquement à la loi, désobéissent avec leurs pieds, avec leurs voix aux cris de « À gauche! À gauche! Toujours à GAUCHE! » (Seules des représentations d’instances syndicales traditionnelles réunies au sein de l’Alliance sociale suivront le parcours prévu.)

Ensuite, la foule se scinde en trois ou quatre groupes pour emprunter des trajets divers, paralysant ainsi le centre-ville de Montréal. Des hélicoptères survolent la scène. Vrombissement menaçant qui évoque de sales moments d’histoire… La pluie se met de la partie mais s’avère impuissante à éteindre l’enthousiasme des marcheurs. Poings levés, sourires rayonnants, carré rouge à la boutonnière, les manifestants convergent vers le parc Lafontaine.

Submergé par ce déferlement pacifique, impuissant face à cette foule calme et bigarrée, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) annonce le lendemain d’un ton morose, en termes vagues, qu’il n’exclut pas, le cas échéant, l’éventualité d’engager des « procédures » contre les organisateurs de la manif. Poursuites? Amendes? Mystère.

Que restera-t-il de ces épouvantails brandis face aux caméras? L’arbitre siffle deux minutes de pénalité pour conduite antidémocratique…

Pendant ce temps, la contestation ne désarme pas. Contrairement à ce que prédisaient rabat-joie, pisse-vinaigre et autres esprits chagrins, le mouvement reste bien vivace. Il foisonne.

1 L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) est une organisation de type syndical regroupant plus de 40 000 membres de différentes associations étudiantes des cégeps (établissements postsecondaires techniques ou préuniversitaires) et universités de tout le Québec. La CLASSE (Coalition large de l’ASSÉ) était une coalition temporaire mise sur pied en décembre 2011 pour combattre la hausse des frais de scolarité et coordonner les actions de grève de l’hiver 2012. Dissoute comme prévu à la fin de son mandat, la CLASSE permettait d’ouvrir les structures de l’ASSÉ à des associations étudiantes non-membres afin d’élargir le mouvement.