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Cocktail d’ouverture du Grand Prix de Formule 1 de Montréal : le « Grand soir » – 7 juin

Jeudi 7 juin 2012, Montréal.

« Le grand soir »… L’expression évoque les bouleversements gorgés d’espoirs, les révolutions, les lendemains qui chantent, les avènements d’un monde nouveau. Est-ce en hommage aux carrés rouges1 que les organisateurs du Grand Prix de Formule 1 de Montréal 2012 ont donné ce nom à leur soirée inaugurale? Peut-être… (On peut toujours rêver.)

Symbole par excellence du capitalisme clinquant, le Grand Prix de Formule 1 caracolait dans la ligne de mire des carrés rouges depuis plusieurs semaines. D’aucuns rêvaient d’envahir la piste de course le jour des épreuves… Visibilité garantie! Les organisateurs de l’événement, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec ne l’entendaient évidemment pas de cette oreille : le Grand Prix, c’est du sérieux, c’est du rayonnement à l’international et c’est de l’argent – de sacro-saintes « retombées économiques » dont le smog et l’infernal boucan qui planent sur la ville pendant deux jours ne ternissent pas l’irrésistible éclat de mirage.

Le jeudi précédant la course, la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) appelle à une manifestation à l’Arsenal, cet espace d’art contemporain dans lequel se tiendra le cocktail de lancement du Grand Prix. Des policiers de l’escouade anti-émeute de la Sûreté du Québec (SQ) et des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont massés dans les rues entourant l’Arsenal et quadrillent entièrement le quartier montréalais de Griffintown.

Se faufilant à travers allées de parc, ruelles et HLM, un photographe a réussi à pénétrer à l’intérieur du périmètre de sécurité. Il en rapporte des images saisissantes de policiers qui défilent en groupes compacts, vêtus d’uniformes noirs ou kakis, coiffés de casques à bulle, bottes aux pieds, l’arme au poing, la mine renfrognée. Les invités de marque du « Grand soir » s’attendaient plus probablement à des tapis rouges, de rutilants bolides et d’accortes jeunes filles en micro-robes. Pour la réputation d’hospitalité de la ville, on repassera!

Montréal la belle, la foldingue, l’extravagante… Montréal, aujourd’hui, carbure à la testostérone en rut, aux émanations d’essence, à la silicone conquérante et aux gros calibres. Triste jour pour une ville si tendre.

Pendant que le photographe reste coincé à l’intérieur du cordon policier plus étanche qu’un sas de sous-marin, dévisagé d’un air soupçonneux par des hommes lourdement armés, plusieurs centaines de manifestants se heurtent à un mur d’uniformes en lisière du quartier.

Dès 17 h, la manifestation est déclarée illégale. Pour plus de sûreté, sans doute, la police prend les manifestants en souricière à l’angle des rues Notre-Dame et des Seigneurs et les place en « détention temporaire ». Bilan partiel des opérations : 18 arrestations.

Vers 18 h 30, les policiers donnent l’ordre de dispersion. Les manifestants se dirigent alors vers la rue Crescent, haut lieu des bars criards et tapageur épicentre des festivités entourant le Grand Prix : vroum-vroum polluant, sexisme assumé, bling-bling triomphant. Ils espèrent porter au cœur de cet univers de toc leur vision d’un monde plus juste, plus généreux, plus égalitaire – plus respirable. Mais là encore, un « comité d’accueil » policier les attend de pied ferme. Les manifestants lancent des projectiles; la police réplique par du poivre de Cayenne irritant.

Bilan total des opérations : près de 40 arrestations; une autre sortie de route pour la paix sociale.

Loin des carrosseries étincelantes et des jupettes affriolantes, la maNUfestation est prévue à 19 h 30. Cap vers le centre-ville!

1 L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.

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