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  • Les manifestants tiennent une banderole sur laquelle on peut lire « Quand l'injustice est loi, la résistance est un devoir », au coin des rues Notre-Dame et Pie-Ix.
  • Les manifestants bloquent la circulation automobile au coin des rues Notre-Dame et Pie-Ix.
  • L'escouade anti-émeute du SPVM disperse les manifestants à coups de matraque et de poivre de cayenne.
  • Une manifestante tape dans la main d'une automobiliste, sur la rue Ontario.
  • Les manifestants marchent vers l'ouest sur la rue Ontario.
  • Les manifestants marche vers l'ouest sur la rue Notre-Dame, sous le Pont Jacques-Cartier
  • Les manifestants remontent la rue Saint-Laurent en tenant une bannière sur laquelle on peut lire « Le Vieux en grève jusqu'à la gratuité »
  • Deux étudiantes tiennent un discours.

Blocage du port de Montréal – 28 mars

Mercredi 28 mars 2012, Montréal.

Le port de la métropole québécoise, île du fleuve Saint-Laurent, constitue l’un des piliers de sa vie économique. Le gouvernement persistant à opposer un mutisme impassible à leurs revendications, les carrés rouges* ont entrepris de lancer des actions de perturbations économiques. Le 28 mars, ils sont plusieurs centaines à se rassembler vers 9 h au cégep** de Maisonneuve. Ils se dirigent vers l’intersection des rues Notre-Dame et Pie-IX, paralysant complètement ou presque la circulation automobile sur leur passage. Ils affluent ensuite jusqu’à l’entrée du port. Un impressionnant déploiement de policiers de l’escouade anti-émeute les y attend. Matraques, poivre de Cayenne irritant, grenades assourdissantes : le « comité d’accueil » des forces policières ne lésine pas sur les moyens pour repousser les protestataires.

Les manifestants remontent la rue Viau vers le nord, s’engouffrent dans la rue Ontario vers l’ouest jusqu’à la rue Fullum, bifurquent à gauche vers la rue Notre-Dame, poursuivent leur progression jusqu’au parc Émilie-Gamelin, repartent vers l’ouest après une courte pause… L’objectif reste de perturber la circulation automobile et, partant, l’activité économique de la ville. Un interminable « parcours du combattant » rendu plus pénible encore par les conditions météorologiques : ciel terne et pluie glaciale.

Dans les rues, beaucoup de voitures de police escortent le petit groupe des manifestants. Soudain, vrombissements dans le ciel gris et froid de Montréal : six hélicoptères survolent la manifestation. Surveillance? Intimidation?
Les marches familiales et populaires qui ont précédé, festives et bon enfant, paraissent bien loin. À la faveur de l’immobilisme des autorités gouvernementales et du renforcement des moyens répressifs mis en œuvre, le ton semble se durcir entre policiers et manifestants : « Police partout! Justice nulle part! » Le conflit est-il sur le point de dégénérer en une véritable fracture sociale? Le divorce n’est pas encore consommé : « Policiers, vos enfants sont aussi des étudiants. »

* L’expression a d’abord désigné les étudiants en grève contre le projet d’augmentation des frais de scolarité du gouvernement Libéral de Jean Charest. Par extension, elle s’est ensuite appliquée à toute personne, étudiante ou non, favorable à cette contestation estudiantine et, plus tard encore, à toute personne appuyant le mouvement social et populaire catalysé par les étudiants.
** Collège d’enseignement général et professionnel : établissement postsecondaire dispensant des formations techniques ou préuniversitaires. Les cégeps ont participé activement aux manifestations; entre autres, ceux d’Ahuntsic, de Maisonneuve et du Vieux-Montréal (dit « le Vieux »).